dimanche 8 octobre 2017

Gazette de Port-Blanc

« Grise était la mer… » C’est ainsi que commence dans “Mer intérieure”, la nouvelle que m’avait inspirée une vision comme celle de ce matin : des tas de gros cailloux au loin, émergeant à peine de la brume et de l’eau confondues ; et au premier plan, les goélands fatigués des bateaux amarrés, me tournant le dos, face au vent minuscule, et se dandinant lourdement, avec résignation. Puis le flot qui se retire laisse voir quelque sable, et le muret s’ébroue, s’égoutte. Les galets s’accrochent comme ils le peuvent, ils se prennent pour des crabes et vont à reculons ou de biais, s’enfoncent… Un homme au bout de la cale, observe l’horizon ; mais nul navire ne vient, et aucun n’appareille : le port est un corps-mort. L’amer de l’île du chateau pointe son doigt de chaux blanchi vers le ciel indifférent, emmitouflé qu’il est, soignant son rhume, qui lui fait couler du nez une morve vague, au loin, comme une écume.

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Et je me dis, comme souvent, mais sans jamais le faire, que je devrais reprendre ce recueil, cet écueil, l’étoffer un peu, et le remettre un peu plus proprement en ligne : celui qui s’y trouve était bâclé, avec des coquilles, et même dans une nouvelle sortie de la mer, ces coquilles-là mériteraient d’être ramassées et jetées !
Que je le garde depuis si longtemps “sous le coude” est probablement le signe d’un inachèvement ressenti ; ce texte demeure encore dans les limbes : je ne l’ai un jour mis “en ligne” que pour m’assurer de la paternité du titre ; il serait vraiment temps que je m’y remette — et je pense que la contemplation quotidienne de la mer va m’y aider.

Et je me dis encore, comme souvent, mais sans jamais le faire, que je ferais mieux d’écrire “pour mon compte” que de me dissimuler derrière de grands noms que de toutes façons si peu de gens liront…
Mais il m’en coûterait, maintenant, d’abandonner l’Arioste, d’abandonner Hegel (alors que dans quelques pages seulement, je vais enfin pouvoir entrer dans le “vif du sujet”  : L’Être — rien que cela !

Crevettes !

Mireille est rentrée avec un panier un peu moins garni que celui d’hier, mais avec des spécimens assez beaux, tout de même…
Nous avons invité Guy et Sylvaine B. (nos “voisins” de Penvénan) à venir les déguster. Ils sont pressés, ils partent demain en voyage je ne sais plus où, mais ils vont venir tout de même.
Moi, j’en ai assez des crevettes ! D’autant que l’abus de “fruits de mer” n’est pas bon pour mes reins un peu susceptibles ces temps-ci. Je me contenterai d’une bière sans alcool, et de grignoter des cacahuètes et des amandes. Pour une fois…

Feuilles d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI, 45-48

Roland a vaincu le monstre ! Il l’a traîné sur le rivage, à grand ahan… Et voilà que maintenant, au lieu de lui tresser des couronnes, les habitants de l’île se précipitent sur lui, avec arcs, bâtons, et même des épées ! Pourquoi  ?
Vous le saurez en lisant l’épisode du jour…

HEGEL  : Divisions générales de la Logique

Aujourd’hui, paragraphes 5-9