lundi 9 octobre 2017

Vieillir

Ce matin, pas de douleurs dans la jambe gauche ; mon abstinence de fruits de mer et de “p’tit coup de blanc” y sont-ils pour quelque chose ? Peut-être… J’aime à le croire, du moins.
Ma théorie favorite est que tous les maux qui ne sont pas accidentels relèvent du domaine psychosomatique. Et le souci profond que me cause la vente possible de Pernon est de toute évidence très préjudiciable à mon état physique…
Autre aspect : vieillir, c’est rétrécir. Ce n’est pas seulement le temps qui reste à vivre qui rétrécit, c’est aussi le champ d’action, l’étendue des plaisirs… Se priver de ceci ou cela, qu’on ne supporte plus, ou a des effets désagréables, voire douloureux. Stratégie d’évitement, ruse… perdre ceci pour gagner cela — peut-être ? La trajectoire vitale, au mieux, est asymptotique. Mais comme chacun sait, il y a tout de même à un moment ou un autre, un “accident” qui met fin… à l’infinitude de l’asymptote.
Hier, Sylvain et Guy sont venus prendre un “p’tit coup de blanc”, et déguster les crevettes pêchées par Mireille. Je les ai trouvés vieillis. Cela m’avait déjà frappé, l’autre jour, quand ils étaient passés chez nous, “en coup de vent” : nous ne les avions pas vus depuis au moins un an. Quoi de plus “normal”, donc ? Et il est bien certain que nous aussi, à leurs yeux, nous avons certainement “pris un coup de vieux” !
J’apprends à savourer les moments de bien-être — et heureusement, il y en a ! À petites lampées, en somme. Comme maintenant, à ma table et mon clavier, regardant la mer étale… et une vieille dame, là-bas, qui se baigne ! Grand bien lui fasse ! Même Mireille, qui n’est pourtant pas frileuse comme moi, n’est pas très “motivée” — « quand il n’y a pas de soleil », dit-elle.
J’essaie de m’imaginer comme le rocher que je vois, là, tout près, depuis tant d’années que nous venons ici : il est toujours le même, au moins vu de loin. Malgré les assaut de la mer-temps. Comment fait-il ? Si je le regarde de près, il s’effrite tout de même un peu… il a des rides, des entailles ; il a des petits “cancers de peau” sous la forme de coquillages-ventouses, des bigorneaux en guise de verrues aux pieds… Mais il demeure stable, il semble indestructible. Heureux rocher, qui tous les ans ou presque nous regarde, et se dit que nous avons vieilli, lui qui doit avoir mille ans !

Coïncidence…

Au petit matin, dans un demi-sommeil, je ruminais les hypothèses concernant mes soucis récents à propos de ma jambe — sciatique, arthrose ? — et je me remémorais mes chutes à moto, et notre dernier accident, qui pourrait bien avoir laissé des traces invisibles d’abord… Et j’ai pensé à ce film que nous avons vu récemment, un documentaire sur le tournage impossible du “Don Quichotte”, qui valut à Jean Rochefort des souffrances terribles et un congé prolongé qui contribua d’ailleurs à faire capoter le film !
Et alors, soudain, je ne sais pourquoi, je me suis dit « Rochefort, on n’en parle plus, il doit être en train de mourir… »
Et ce matin, en lisant les journaux, j’apprends qu’en effet, Jean Rochefort vient de mourir ; ça m’a fait un effet bizarre, cette sorte de “fausse réminiscence” !
Le peuple des morts est immense. En a-t-on jamais pu faire le compte ? Je suppose qu’il est encore plus important que celui des vivants ? Bon. Assez de pessimisme pour aujourd’hui.

Pêche

Mireille est repartie à l’assaut du peuple sous-marin, encore aujourd’hui : marée de 98, c’est encore intéressant pour débusquer les bestioles !
Je l’ai observée un moment à la jumelle, du côté de l’île du Château. Puis elle a disparu.
Quand elle est rentrée, sa pêche était tout à fait honorable encore !

Feuilles d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI, 49-52

Les habitants de l’île, au lieu de remercier Roland, se sont jetés sur lui, parce qu’ils craignent que le dieu Protée auquel ils doivent un “tribut” ne soit mécontent de voir que Roland a tué l’orque monstrueuse…
Mais Roland ne se laisse pas faire ! Apprenez comment il se tira de ce mauvais pas…

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J’ai repris les 10 “chants” du Tome I pour les mettre en ligne en version bilingue, italien-français. Et j’ai évidemment eu quelques ennuis, quelques cafouillages dans l’alignement des strophes : la correction m’a pris du temps !

HEGEL

À cause de Roland… je m’y suis mis trop tard ce soir, et j’ai donc très peu avancé — même si j’ai beaucoup transpiré pour traduire le contenu d’une note qui a elle seule représenta au moins une page ! Ce sera pour demain.