mercredi 11 octobre 2017

SYNOPSIS : § À Tréguier § Ma future maison ? § Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI, 57-60 § HEGEL

§ Bretagne et Catalogne

Hier encore, à Paimpol, j’ai examiné les enseignes : à part un “Pub” — ce qui est assez normal ici, dans ce pays celte — elles étaient toutes en français ou en breton. Aucune en frangliche… Le résultat est qu’on se sent comme dans un pays “étranger”, tant nous sommes, au moins dans le sud-ouest, gavés comme des oies aux enseignes imbéciles imitant plus ou moins un américain abâtardi… C’est une impression vraiment curieuse : le granit, les enseignes, les maisons peintes aussi, sur le port de Paimpol, contribuent au dépaysement. Et le plus bizarre, c’est que, justement, ici, en Bretagne, je me sens “en France”, et fort loin du “multicu” que Paris, devenu sous-capitale européano-US, prétend à toutes forces nous imposer !
Il y a cinquante ans, dans les années soixante, j’étais chaud partisan des mouvements “indépendantistes” bretons — pour la seule raison que c’était une façon de s’opposer au pouvoir ! Et si j’ai applaudi au dynamitage de l’émetteur de télévision du Roc’h Trédudon… ça, je ne le regrette toujours pas aujourd’hui ! Mais il n’est plus question de cela, maintenant qu’il y a une chaîne qui ose s’appeler “TV-Breizh”, et qui est truffée de publicités…
Je ne partage plus, aujourd’hui, cet engouement pour le régionalisme breton — qui a d’ailleurs a peu près disparu en tant que tel : les bretons ont vite compris que s’ils voulaient faire du “business”, il valait mieux ne pas trop hérisser les instances “nationales” et donc “l’Europe”, pourvoyeuse de subventions en tous genres…
Mais je trouve très originale et très intéressante la façon dont les bretons ont su, en mettant une sourdine aux revendications “politiques”, conserver, au contraire, une véritable identité. Dans les supermarchés, ici, on trouve facilement à “acheter breton”… et l’origine bretonne des produits est fièrement revendiquée !

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Je trouve cela plus sympathique que l’avalanche des produits de la “grande industrie alimentaire” à laquelle nous ont habitués, de gré ou de force, des enseignes comme “Leclerc”, à Langon, par exemple. “Leclerc” qui pourtant était un breton “pur porc” et bien malin ! J’ai vu le premier “Leclerc” à Reims : une très grande pièce, dans le centre-ville, avec des rayonnages faits de planches et de cornières en ferraille… Le type de “grand magasin” que j’ai eu la surprise amusée de retrouver longtemps plus tard à… Ljubliana, alors “yougoslave”, encore !
Mais pour en revenir à la Bretagne bretonnante, le parallèle avec les “événements” de Catalogne en ce moment me semble s’imposer : à jouer les indépendantistes à tous crins, à mon avis, les dirigeants actuels de la Catalogne me semblent bien recommencer les erreurs des mouvements “bretons” des années soixante… Et si la Bretagne a su, à mon avis, s’en dépêtrer à temps, j’ai bien peur que les choses n’aillent d’une autre façon en Catalogne, pour des raisons purement idéologiques, et pas toujours des meilleures. La Catalogne est une des “régions” les plus riches, les plus actives d’Espagne : est-ce que cela ne leur suffit pas ? Les Basques ont fini par le comprendre, et jeter l’éponge ; les Corses aussi — et pourtant ! Pourquoi donc les Catalans s’accrochent-ils aux oripeaux d’une “indépendance” qui ne leur apporterait pas grand-chose ? À se crisper là-dessus, devraient-ils finir par en venir à la “lutte armée” eux aussi, après tant d’autres exemples d’échec patent ?
J’aimerais, pour ma part, savoir réellement ce qu’il y a “derrière” ce jeu du chat et de la souris… Qui a le pouvoir réel, c’est-à-dire financier et économique, en Catalogne ? De cela, personne, bien entendu, ne nous en parle jamais dans les journaux — français du moins — de quelque bord qu’ils soient (encore que ce soit une figure de style, puique maintenant, en France, il n’y a plus qu’un seul bord… le parti macropéen !)

§ À Tréguier

Autant Penvénan est fort quelconque, autant Tréguier a du caractère. Les étroites ruelles qui montent du port vers la place du Martray où se trouve la cathédrale (et un cloître avec de magnifiques gisants), ne manquent pas de caractère…

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La très belle maison à l’arrière-plan est la maison natale d’Ernest Renan.

Mais le tourisme-bobo a tout de même induit quelques commerces “branchés”, comme cette boutique dont l’enseigne vaut son pesant de galets (peints) :

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Difficile de faire plus “féministe” ! De nos jours, heureusement, le ridicule ne tue plus…
La crêperie de l’autre jour, où nous voulions retourner déjeuner était fermée.
Alors, Mireille ayant fait au marché d’en bas les courses qu’elle voulait, nous sommes retournés au “Grand-Hôtel” déguster une “moules-frites” au curry — “à s’en relécher les babines !”

§ Ma future maison ?

C’est pour rire… mais pas tout à fait. En sortant du “Grand-Hôtel” j’ai entraîné Mireille un peu plus haut dans la rue, pour aller examiner de près la maison à vendre, depuis des années, celle dont j’ai déjà parlé ici même il y a quelques jours.
Pour la petite histoire, je note qu’elle appartient en fait à des membres de la famille de la bru de Sylvaine et Guy, des gens très “comme il faut”, bretons “de souche”… allant chaque dimanche à la messe… et avec lesquels nos amis ont des rapports plutôt… froids. Mais c’est par eux que nous savons que le prix en est maintenant en dessous de 400K€.
Cette maison n’est pas vraiment jolie de l’extérieur ; mais elle est rès grande et surtout, surtout, elle offre un panorama magnifique, presque aussi beau que celui que nous avons ici :

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La terrasse est très grande, et juste en face, un minuscule sentier descend à une petite plage…
Elle est actuellement un peu à l’abandon…il y a certainement beaucoup de travaux à y faire. Mais de maison avec une situation aussi exceptionnelle, nous n’en avons jamais vu aucune, dans toutes les agences dont nous avons regardé les vitrines à Paimpol ou à Tréguier !
J’avoue qu’elle me fait beaucoup rêver… je me vois déjà installé à mon bureau, regardant ce payasage à travers les vitres de la véranda qui donne sur cette terrasse…
Quitter Pernon en ayant un tel objectif, pour moi, voilà qui me plairait… Mais ne rêvons pas — hélas ! Il faudrait d’abord vendre, et que la maison de Port-Blanc baisse encore un peu… cela fait des années qu’elle est en vente. Mais qui dit qu’elle ne sera pas vendue, au printemps prochain ?

§ Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI, 57-60

Roland écoute en détournant les yeux les plaintes de la belle Olympe… et jouant les Tartuffe, il va quérir dans son esquif quelque tissu, pour lui dire, en somme :
— Prenez donc ce mouchoir…
Et alors ? Et alors ? Lisez la page d’aujourd’hui  !

§ HEGEL

Ce soir, j’ai repris le collier ! Les aficionados (et même les catalans) pourront lire quelques paragraphes d’une analyse plutôt austère et obscure au premier abord — que je me suis pourtant efforcé d’éclaircir quelque peu !… Hegel y traite de Kant, notamment dans une “note” fort longue — et s’il le critique, il lui adresse tout de même quelques coups de chapeau !