lundi 16 octobre 2017

Gazette de Port-Blanc — et de Pernon

Ce matin, le ciel est bas, gris, et la lumière est jaune, presqu’irréelle… J’ai tenté de faire une photographie mais il est bien difficile de capter une ambiance, une atmosphère de ce genre, je crois.

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Nouvelles supputations sur la vente de la maison ; Mireille est de mon avis : pour nous la vente au fils de Bruno est une chance qu’il faut absolument saisir. Je la laisserai marchander, elle aime tellement ça, elle ! Mais je ne supporterais pas qu’elle gâche pour cela ce qui est notre meilleure chance d’en finir avec cette question qui m’empoisonne la vie depuis trop longtemps déjà…
Quant à la maison de Port-Blanc, il est évident qu’elle n’est pas habitable sans beaucoup de travaux — sinon elle eût été vendue depuis longtemps ! Je vais donc être contraint de devenir raisonnable, ce qui me coûte énormément, et en revenir à un appartement à Toulouse, ce qui, pour moi, est la même chose que si je m’installais dans une maison de retraite : aucun goût pour cela, rien qui me fera rêver… la banalité totale.
Mais tant que ma tête fonctionnera, me resteront mes petits travaux de traduction — que je préférerais tout de même faire face à la mer, plutôt que face à d’autres immeubles…
Je reconnais pourtant qu’à nos âges, quitter Pernon et les soucis, les charges, que représente l’entretien d’une maison… pour en reprendre une autre où c’est probablement pire serait à coup sûr une erreur. Oui, mais… que vaut-il mieux ? Une petite vie raisonnable ou un projet fou ? Ce sont toujours les projets fous que j’ai choisis.
Et cette fois, voilà que je vais capituler : l’âge ? Certainement. La lassitude.
Me restera encore une consolation ; louer ici un mois ou deux ! Pourquoi pas ?

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Nous sommes allés déjeuner chez nos amis de Penvénan, Sylvaine et Guy. J’ai cédé à l’attrait du “Mojito”, du vin blanc, du vin rouge, et d’une “p’tite goutte de poire” pour finir. Excellent tout ça ! Mais je l’ai payé en fin d’après-midi par des douleurs réapparues dans ma jambe gauche… Je crois vraiment qu’il vaut mieux que je fasse abstinence pendant un bon moment !
Nous avons discuté de toutes sortes de choses : de politique (nous ne sommes pas tout à fait sur la même longueur d’onde, mais d’accord avec eux sur le rôle réel de Macron pour conforter l’emprise de la finance sur la France…), de la Bretagne et de son climat, de la “maison de la grand-mère” c’est-à-dire celle dont je rêvais (j’en parle déjà au passé), etc.
Puis nous sommes tous revenus à Port-Blanc, où Mireille est allée nager. Brrrr !
Je viens de découvrir ce soir même dans les journaux en ligne que la teinte jaune surprenante du ciel (sur ma photographie ) était due à l’ouragan qui nous a frôlé, et qui portait avec lui des poussières du Sahara et des incendies du Portugal ! Et de plus (ce que je n’ai pu photographier), le soleil, ce matin et jusqu’en début d’après-midi, était rouge, comme au couchant ! Très curieux…

Lectures : Larbaud

J’ai acheté le seul ouvrage de Valery Larbaud que j’ai pu trouver en numérique : “A. O. Barnabooth. Son journal intime”. Très déçu… À part un certain ton sarcastique, je ne trouve pas grand intérêt à la lecture des allées et venues — réelles ou fantasmées ? — d’un nabab entre les grands hôtels de Vienne, de Berlin ou d’ailleurs ! Je n’y ai pas non plus trouvé de qualité de style particulière, ce que j’en attendais — au moins.
Bref, encore un livre que je ne lirai pas plus loin que quelques dizaines de pages — tout comme celui de Miguel Bonnefoy. Estimable, mais pour moi, ce n’est pas de la littérature. Du moins telle que je l’entends !
Cela me fait penser que lorsqu’il me faudra — bientôt, j’espère — liquider l’essentiel de ma bibliothèque, au fond, ce sera une besogne salutaire : ne conserver que les ouvrages vraiment importants… cela réduira considérablement le nombre de cartons ! D’autant que j’ai déjà, depuis quelques années, commencé à faire pour les livres qui m’importent ce que j’avais fait avec mes “33 tours” : les racheter en CD numériques… Pour les livres, fort heureusement à peu près toute la littérature classique est disponible en numérique — même s’il y a beaucoup à dire sur la qualité des éditions ! Et au fond, la littérature “contemporaine” de qualité, même en papier, cela ne représente pas beaucoup de volumes. Le seul vrai point noir, c’est du côté de la philosophie. J’ai souvent pesté contre le fait qu’on trouve facilement les philosophes importants du XXe en allemand, en numérique, et pas en français. La preuve : Hegel, dont les textes originaux sont facilement accessibles en numérique, même sur “Gutenberg” tout simplement, mais pas leur traduction française. D’où le travail auquel je me livre, d’ailleurs !

HEGEL “Quel doit être le point de départ de la science ?”, 14-17.

Si vous voulez savoir ce qu’est un “commencement” — selon Hegel —, lisez donc le passage traduit aujourd’hui !

Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI, 77-80

Tout est bien qui finit bien ! (enfin… pour l’instant !)
Tout le monde a quitté l’île maudite, Obert a fait la guerre contre les méchants et mis à mort le vilain Birène, puis épousé Olympe…
Que va faire Roland maintenant ?
Vous le saurez (peut-être) en lisant cette page !

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