mercredi 1 novembre 2017

Un “SMS” m’a appris dimanche le décès d’un ancien ami, Jean-Pierre Declosmesnil. Je dis “ancien”, car en effet, comme pour beaucoup d’autres de cette époque, celle où nous étions à Mayotte, nous nous étions un peu “perdus de vue”.
Lui et son épouse Ida, Principale de Collège dans le sud de l’île, étaient allés ensuite à la Réunion, où nous étions allés les voir à l’occasion d’un de nos voyages. Je m’en souviens fort bien…

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Mireille et Jean-Pierre, dans un restaurant de La Réunion, en 2002

ARCHIVES

J’ai réussi à ramener à deux grosses boîtes seulement tous les documents et courriers que j’avais entassés dans la mezzanine. Ouf !
Certains choix ont été un peu difficiles… mais j’ai jeté tous mes “travaux” faits dans le domaine médiéval et dans le cadre de mon “dossier” pour le poste de “Mait’ de Conf’”… Des centaines de pages de lignes de code en divers langages : “HyperTalk”, “C”, “Pascal”… et même en “Forth”, avec mon “Langage à Structure de Dictionnaire” — pour lequel j’avais bénéficié, je dois le dire, de l’aide précieuse d’Alain Couturier — avec qui je n’ai jamais réussi à renouer le lien depuis notre départ à Mayotte… ce que je déplore beaucoup !
J’ai tout de même conservé quelques pages : un exemplaire du “bulletin d’information” dont j’avais eu l’idée (à l’époque les blogs n’étaient pas encore nés, non plus que “Twitter” et autres “FaceBook” !) Et aussi le “Press-Book” de “Microcosmes”… et enfin les statuts officiels de la “SEFI” (Société d’Etudes et de Formation en Informatique), une “startUp” que nous avions fondée en 1983, à six, ingénieurs et professeurs.
Ces documents-là, je les numériserai un peu plus tard, au moins en partie, pour aller nourrir mon “mémoriel” sur clé USB — c’est-à-dire mon passeport pour l’éternité… hmmm ? !
J’ai conservé aussi, à titre “historique”, deux disquettes : une en carton, et une au format “Mac”, que je me propose de montrer à Clémence, qui n’en a jamais vues, je crois bien ! Pour elle, c’est la préhistoire !

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J’ai aussi numérisé une des très rares lettres de ma soeur Janine, reçue quand nous étions à Mayotte : belle écriture appliquée, comme l’était celle de mon frère Daniel… et des formes de lettres qui étaient aussi celles de ma mère… cela m’a frappé. Mon frère Michel et moi avons des écritures plus erratiques, plus “pressées” peut-être ? Et Michel autant que moi, je crois bien, n’écris plus jamais à la main !

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NON, bien sûr… Pas question de procéder ainsi, dans la mesure où je veux en faire chaque semestre un “numlivre” en ePub, tellement pratique à compulser, pour moi, et y rechercher ceci ou cela… des photographies à la place de texte, cela pourrait à la rigueur se concevoir pour la version “pages-Web”… Et encore : certains protesteraient en me disant qu’ils ne peuvent pas me lire ! Et c’est vrai que — maintenant — au bout de quelques lignes, ma main se fatigue, et que j’écris de plus en plus mal !

Mais cela mérite tout de même réflexion : la présence, l’affect, il faut bien le reconnaître, sont totalement absents de l’écriture numérique. D’où, peut-être, l’usage des “smileys”… les deux ou trois vraiment utiles — car maintenant, ce sont des centaines de visages grimaçants et de figurines tarabiscotées qui envahissent les touches de nos claviers virtuels !

Je m’interroge : aurai-je ressenti les mêmes émotions, si le “journal de l’émigration”, tenu par ma mère en Juin 1940, avait été tapé “à la machine” ? Certainement pas…
Pour le donner à lire (et je sais qu’il l’est), j’ai dû le “taper”. Mais j’ai mis en exergue l’image d’une page manuscrite. Et je me dis maintenant que j’aurais peut-être dû mettre à chaque page la version manuscrite, en tête ?

Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XII, 37-40

Voilà les trois chevaliers (Roland, Sacripant, Ferragus) qui poursuivent une demoiselle qui a disparu “comme par enchantement” — et ici, la formule est juste !
Ils galopent pour la rattraper — et elle, derrière, les suit tranquillement… Quand le chemin qu’ils suivent disparaît, la rivalité entre les trois éclate ! Et les invectives vont bon train !