dimanche 12 novembre 2017

Gazette de l’Après-Pernon

Un peu de rangement dans la matinée, puis nous sommes allés à Langon pour déjeuner. Le “Wok” qui nous avait plu l’autre soir, pratiquant les “prix renforcés” le week-end, nous sommes finalement allés à “Crescendo”, la Cafétéria du “Leclerc”, qui ne pratique pas ce système, et où l’on peut manger à n’importe quelle heure et n’importe quel jour, pour le même prix — selon ce que l’on choisit, tout de même !
De retour à la maison, nous regardons les photographies que j’ai réussi à récupérer et à rassembler, et nous faisons toutes sortes de supputations quant à l’emplacement possible des meubles et des étagères…
Le gros problème, pour moi, demeure celui du nombre de livres que je vais pouvoir conserver. D’après nos estimations, nous devrions pouvoir, conserver 7 étagères-bibliothèque. Soit, en gros 170*7=1190, sans compter le rayon du bas pour les plus gros livres : art, dictionnaires, etc ?
Ce serait donc nettement plus que ce que j’avais estimé d’abord — et compte tenu de tous les rogatons dont je me débarrasserai sans trop de peine, cela devrait me faire encore une bibliothèque assez étoffée… Je pense d’ailleurs que je mettrai au besoin dans la “cave”, quelques cartons “tels quels”, contenant des livres d’usage particulier, comme mes textes du M-A — plutôt que de les jeter.

Gazette de “la Tour” ?

Il me plaît de nommer ainsi — avec beaucoup de forfanterie, je le reconnais ! — toutes les ruminations que va m’inspirer notre future installation… et cette “appellation non-contrôlée” devrait, à terme, remplacer feue la “Gazette de Pernon”.
En guise de “Tour”, certes, nous n’en aurons que le dernier étage, et sans machicoulis ! Mais baste : cela me plaît. Et… Qui qu’en grogne, cela sera, car tel est mon bon plaisir, comme l’aurait dit (paraît-il) Anne de Bretagne aux malouins grognons.
“Gazette des Allées Haussmann” ne m’inspire pas du tout : ce serait râtisser un peu large, et de plus, la référence au pseudo-baron n’est pas de celles que j’affectionne. Même si ledit “baron” a effectivement sévi aussi à Bordeaux — et si le tracé de notre “avenue” et de ses environs immédiats a quelque chose à voir avec l’obsession de la ligne droite…

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Notre appartement est dans l’ovale en rouge.

La pseudo “Place de l’Étoile” est la “Place Ravezies” (du nom du négociant Ravezies (1795-1877) qui fit don de nombreux terrains à la mairie du Bouscat, dont cette place).

Burdigalensis

Encore un sigle que je vais maintenant utiliser !
Jusqu’ici, j’avais toujours “snobé” Bordeaux, principalement à cause de son Maire — que j’exècre.
M. Juppé, en effet, a été condamné pour emplois fictifs, et même s’il a “payé” par deux ans d’inégibilité, il a “refait surface” grâce à un “deal” avec F. Bayrou : je te fais élire à Bordeaux, tu me fais élire à Pau… et c’est bien ce qui s’est passé ! Et si dans les carabistouilles de la droite, Fillon ne l’avait pas emporté…  Il est fort probable que Juppé eût été élu Président ! La “gauche”, en effet, est juppéiste…  allez savoir pourquoi ? Peut-être parce qu’il est si prétentieux, et que “les gens” aiment bien ceux qui les méprisent, en adeptes inconscients de Sacher Masoch ?
M. Juppé, ayant été condamné par la justice, a pu néanmoins aller enseigner au Canada, le temps que les choses se calment… et il a pu ensuite revenir sur le devant de la scène comme si de rien n’était.
Quand on me dit :
— Mais c’est fini, il a “payé” !
Je réponds
— Si moi, enseignant, j’avais été condamné comme lui, il m’eût été interdit à jamais d’enseigner !
Ce que je trouve normal, d’ailleurs. Mais ce qui montre bien qu’entre la politique et la canaille, il y a toujours eu des “arrangements”. Macron a eu l’air de vouloir secouer le tapis : il y avait pas mal de boue en-dessous… !

*
*   *

Mais revenons à Bordeaux, et tant pis pour son Maire — qui devrait bien tout de même, de temps en temps, se regarder dans son “miroir d’eau” : il s’y verrait peut-être tel qu’il est vraiment ?

Pour trouver d’où venait le nom de “Ravezies”, j’ai dû fouiller sur l’internet. J’y ai trouvé la référence à un “Dictionnaire des noms de rues de Bordeaux” que j’ai aussitôt commandé — mais malheureusement en papier : pas de version numérique… (tiens, voilà quelque chose à faire !)
Puis j’ai été rechercher dans mes rayons “L’Histoire de Bordeaux” de Camille Jullian, achetée en… 2004, quand il y avait encore une vraie librairie à Langon, une “librairie-bar-à-vins”, où l’on pouvait déguster un p’tit blanc en lisant ce qu’on avait déterré dans le fatras improbable des livres qui l’encombraient…

Je vais donc maintenant délaisser Tacite (dont la lecture a réussi à me tenir éveillé plus que je ne le craignais !), pour me plonger dans l’Histoire de Bordeaux. Puisque “bordelais” je vais être, autant savoir, moi le champenois de souche, aux ancêtres probablement plus “Francs saliens” que vrais Gaulois, où je vais mettre les pieds. Rien de tel que de se plonger dans l’histoire pour s’approprier un territoire…  C’est ce que j’avais fait à Mayotte, où j’avais acheté et lu à peu près tout ce qui avait été écrit sur cette île et sa curieuse histoire…
Alors maintenant, ce sera Bordeaux ; et je vais lire Ausone aussi, bien entendu — du moins les rares lignes consacrées à la ville dans son œuvre. Hölderlin, je connais mieux son histoire bordelaise, d’ailleurs peu documentée… mais cela va me donner envie d’y revenir.
Bref, comme disait Villon, maintenant je suis (presque)
En ce bordeau où tenons notre estat.

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Mais le rapprochement avec Bordeaux est sujet à caution, tout de même, je le sais !
On lit parfois “bourdel”, ou “bourdeau”… Et bien entendu, à Bordeaux comme ailleurs, il y avait des “petites maison”, c’est-à-dire des… “bourdeaux”, pluriel de… “bordel”, pardi !
La ville de Bordeaux est donc tout de même porteuse d’une dénomination sujette à ricanements…
C’est pourquoi je choisis la graphie latine !

Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XII, 57-60

Les deux chevaliers constatant que le casque, enjeu de leur combat, a disparu, conviennent de mettre fin à leur duel, et partent, chacun de son côté, à la poursuite de Sacripant, qu’ils supposent être le voleur… La course poursuite après Angélique n’est pas finie ! Lisez ici ce qu’il en est