mardi 17 octobre 2017

Changement de cap…

… et de décor. J’ai fait mon deuil de la “maison de la grand-mère”, et comme j’ai toujours besoin d’avoir un objectif, Toulouse est repassée au premier plan.
Mireille a trouvé sur internet un appartement assez alléchant et dans nos prix, dans le quartie des “Amidonniers”.

17102017-Toulouse
La place du Capitole est en rouge, “Les Amidonniers” à gauche.

Cela m’amuse de regarder cela, et d’imaginer…

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Mais cela ne m’empêche pas quand même de profiter du point de vue que j’ai d’ici. La grève, ce matin, a été un istant envahie par un groupe d’écoliers, qui sont passés derrière la cale pour aller vers l’île aux femmes, probablement.

Pierre m’a écrit ; il ne sait pas encore s’il pourra venir comme prévu demain, à cause d’un dossier urgent qu’il doit préparer. Il m’a dit que eux aussi, à Riantec, ils avaient été très frappés par le ciel jeune et le soleil rougeâtre…

Lectures et livres

J’ai donc abandonné le “Voyage d’Octavio”, et je lis en parallèle… les “Annales” de Tacite sur mon iPhone, le soir, et le livre de la fille de Pound dans la journée — quand je ne travaille pas, c’est-à-dire que je n’avance guère !
J’ai aussi commencé à passer en revue ma bibliothèque dans mon fichier “Bib” (j’ai commencé par changer ce nom idiot de “Tap Forms” en “BIB” !) j’ai ajouté un “champ” de type “case à cocher”, et ainsi je “coche” les livres-papier que je veux garder… cela me permet d’avoir très facilement une estimation de leur nombre, qui ne devra pas dépasser cinq ou six cents. Mais peut-être qu’en fin de compte, le choix sera plus vite fait en parcourant directement mes rayonnages : il me suffira de jeter dans un carton ceux que je veux conserver, et ensuite, mettre tout le reste en vrac, que j’irai porter chez un bouquiniste si j’en trouve un qui soit preneur et pas trop loin, ou bien… à la déchetterie — quelle que soit la peine que cela me fera. Sur 2769 actuellement, en conserver un quart me semble suffisant : ceux que j’utilise le plus, je les ai déjà depuis longtemps en numérique.

J’essaierai de conserver les livres d’art, quand même… mon vieux “Littré” de 1875 aussi, peut-être. Même si je ne l’ouvre jamais… les trois livres venant de mon arrière-grand-père maternel, et reliés par lui-même, qui sont pour moi emblématiques : deux “Jules Verne”, et “l’Année Terrible” de Hugo, publiés chez Hetzel, 1880. Ce sont là des objets-livres,et plus “objets” que livres, en quelque sorte : c’est leur qualité intrinsèque, et leur poids affectif qui en font la valeur subjective qu’ils ont pour moi.
Il faut bien le reconnaître : voilà quelque chose qui est absolument impossible avec le numérique ! C’est une grave question, il me semble. Autant je suis chaud partisan des livres numériques comme outils de travail — autant je suis le premier à reconnaître qu’ils n’auront jamais d’existence : ce ne sont pas des objets, ce ne sont que des concepts, en quelque sorte. J’ai souvent réfléchi, déjà, à cet aspect des choses : comment “offrir” un livre numérique ? Impossible… L’idée même de “cadeau” suppose quelque chose de matériel… Et comment “s’attacher” à un livre numérique, qui n’est que virtuel ?Impossible…

C’est très curieux : dans un sens, je suis tenté de dire que c’est bien, cette dématérialisation, parce que, au moins, à la différence de ces gens qui achetaient des livres-papier pour leurs belles reliures alignée dans une “bibliothèque”, et qui ne lisaient jamais rien… les livres numériques, s’ils “existent”, n’existent que par leur qualité intrinsèque : par la qualité du style de leur auteur ou la profondeur de ses réflexions…
Mais d’un autre côté, c’est vrai, il y a des livres pour lesquels leur importance, toute subjective n’existe que par leur matérialité : c’est le cas des “Hetzel”, du “Littré” dont je viens de parler ; ils ont une valeur sentimentale et “historique”. Au fond, ce sont plus, comme je le disais plus haut, des objets symboliques que de simples “livres”.
J’avais toujours dit à ma mère, qui les détenait, que ces “Hetzel” m’intéressaient. À sa disparition, mon frère les a mis “de côté” pour moi, ce dont je lui sais gré.
Et maintenant, j’en viens à me demander, moi, à qui je pourrai les léguer ces livres, comme une sorte de témoin ? De toute évidence, c’est à mon neveu André qu’ils doivent revenir : il n’y a que lui dans ma “descendance” qui soit susceptible d’en mesurer la “valeur”. Aucune de mes filles, aucun de mes petits enfants n’a suffisamment de culture et de goût pour les livres pour qu’un tel “leg” puisse avoir un sens…

Mes propres productions, si modestes soient-elles, n’ont, elles non plus, aucune existence en dehors de leur concrétisation sur papier : le petit Montaigne récent, les trois volumes des “Essais”… Et cela me ramène à la conclusion déjà maintes fois tirée : il faut absolument que je m’occupe de faire des versions imprimables de mes traductions les plus achevées : “Tristan”, “l’Enfer”, la “Charrette”, le volume I de l’Arioste, les livres I-II-III de Lucrèce… mais à commencer par “Mer intérieure”, et une version augmentée de mon recueil de poèmes, peut-être ?

Voilà du pain sur la planche. Il me faudra pour cela retrouver mon grand écran : la manipulation d’“Indesign” sur un 11 pouces n’est pas vraiment indiquée. Je me mettrai à cela dès notre retour. Mais si l’évolution de la situation, en ce qui concerne la vente de Pernon, suit le cours que je souhaite, je risque d’avoir beaucoup d’autres choses à faire…

HEGEL “Quel doit être le point de départ de la science ?”, 18-21

Dans la recherche du commencement, il faut d’abord régresser… Voyez cette page.

Feuillets d’automne  : “Roland Furieux” – Chant XI 81-83 (fin)

Roland a pris ses quartiers d’hiver, et l’Arioste ne peut rien nous dire de ce qu’il fit pendant ce temps. Mais voilà le soleil et le printemps, et Roland repart à l’aventure…
Pour savoir (peut-être ?) ce qui ne va pas manquer de lui arriver, lisez cette page, qui termine le Chant XI !